ONKIDI MOBILISE LES ACTEURS COMMUNAUTAIRES POUR RENFORCER LA LUTTE CONTRE LA CONSOMMATION DES SUBSTANCES PSYCHOACTIVES

Une mobilisation communautaire pour protéger les jeunes

Dans le cadre de la mise en œuvre de son projet intitulé « Lutte contre la consommation des substances psychoactives en milieu scolaire dans la ville de Gitega », l’Organisation Nkurikira pour Initiative de Développement Intégral (ONKIDI) poursuit ses efforts en faveur de la prévention, de la sensibilisation et de l’amélioration des conditions de vie des jeunes confrontés aux problèmes liés à la consommation des substances psychoactives, en particulier les mineurs.

Cette initiative s’inscrit dans le cadre du résultat 6 du programme consacré à l’amélioration des conditions de vie des jeunes confrontés à la toxicomanie au Burundi.

L’intervention repose sur une approche communautaire, participative et multisectorielle, mobilisant les familles, les établissements scolaires, les autorités administratives, les responsables religieux et les forces de l’ordre autour d’un objectif commun : prévenir la consommation des substances psychoactives, renforcer la protection des jeunes et favoriser leur réinsertion sociale.

Dans cette perspective, 135 acteurs clés de la communauté ont été mobilisés et formés, parmi lesquels 30 responsables scolaires, 50 représentants des familles, 20 représentants des autorités administratives locales, 30 représentants des confessions religieuses et 5 représentants des forces de l’ordre.

À la suite de ces formations et des activités de sensibilisation organisées dans les quartiers, la nécessité de renforcer la coordination entre les différents intervenants s’est imposée. La création d’un réseau communautaire constitue ainsi une réponse concrète au besoin de mutualiser les compétences, de partager les expériences et de coordonner les initiatives de prévention.

C’est dans cette dynamique que s’est tenue, le mardi 11 août 2026, au bureau de l’ONKIDI situé au quartier Musinzira, à Gitega, la première réunion trimestrielle du réseau communautaire contre la consommation des substances psychoactives.

Cette rencontre avait pour objectif de renforcer la collaboration entre les membres du réseau, d’évaluer les initiatives déjà menées dans les différents quartiers et de définir les activités prioritaires pour le trimestre suivant.

Les échanges ont notamment porté sur trois axes principaux :

  • Le rôle du réseau communautaire dans la prévention et la lutte contre la consommation des substances psychoactives ;
  • Le bilan des initiatives déjà entreprises au niveau des quartiers ;
  • L’identification des activités prioritaires et la planification des prochaines réunions du réseau.

Cette réunion a constitué une étape importante dans la structuration d’une réponse communautaire coordonnée face aux risques liés à la consommation des drogues dans la ville de Gitega.

ONKIDI rappelle les objectifs du projet et l’importance du réseau

Après le mot d’accueil, la représentante légale de l’ONKIDI a rappelé les objectifs du projet ainsi que les principales initiatives menées par l’organisation dans la province de Gitega.

Elle a souligné l’importance de mobiliser durablement les acteurs locaux afin de renforcer les actions de prévention, d’améliorer l’accompagnement des jeunes en difficulté et de soutenir les familles confrontées aux conséquences de la consommation des substances psychoactives.

Elle a également expliqué que la mise en place du réseau communautaire répond à la nécessité de dépasser les interventions isolées pour favoriser une action collective, cohérente et complémentaire.

L’efficacité de la prévention repose en effet sur la capacité des acteurs à travailler ensemble, à partager leurs connaissances et à mobiliser les ressources disponibles au sein des communautés.

Comprendre le fonctionnement et les missions du réseau communautaire

Prenant ensuite la parole, le facilitateur a remercié les membres du réseau pour leur présence, leur disponibilité et leur engagement en faveur de la protection des jeunes.

Il a présenté la notion de réseau communautaire, ses missions, son mode de fonctionnement et l’importance de la collaboration entre les différents acteurs.

Trois domaines d’intervention prioritaires ont été développés.

1. La prévention de proximité

La prévention de proximité vise à sensibiliser les jeunes, les familles et les communautés sur les risques liés à la consommation des substances psychoactives.

Elle comprend notamment l’organisation de campagnes de sensibilisation dans les quartiers, les interventions en milieu scolaire, la promotion des clubs scolaires de prévention et le développement des compétences psychosociales des jeunes.

Cette approche permet de rapprocher les actions de prévention des populations concernées et de favoriser l’identification précoce des situations à risque.

2. L’orientation vers les soins et l’accompagnement du sevrage

Le réseau a également pour mission de faciliter l’orientation des personnes confrontées à des problèmes de consommation vers des services de santé et des structures spécialisées adaptés à leurs besoins.

Selon la situation de chaque personne, l’accompagnement peut comprendre une consultation ambulatoire, une prise en charge spécialisée ou une hospitalisation lorsque celle-ci est nécessaire.

Les membres ont été encouragés à privilégier une approche respectueuse de la dignité des personnes, fondée sur l’écoute, la confidentialité et l’orientation vers des professionnels compétents.

L’objectif est de faciliter l’accès aux soins et de contribuer au rétablissement des personnes concernées.

3. La réinsertion socio-professionnelle

La réinsertion constitue un autre volet essentiel de l’intervention communautaire.

Elle vise à accompagner les jeunes dans la reconstruction de leurs relations familiales, la restauration de leur confiance en eux-mêmes et le développement de leurs capacités à retrouver une place active dans la société.

Cet accompagnement peut notamment comprendre le soutien psychosocial, la médiation familiale, l’orientation vers des formations professionnelles et la recherche d’opportunités d’autonomisation économique.

La réinsertion représente ainsi un levier important pour favoriser le rétablissement durable et réduire les risques de rechute et de marginalisation sociale.

Une approche coordonnée pour améliorer l’accès aux services

Au cours de la rencontre, le facilitateur a également présenté la pyramide des services de prise en charge des troubles liés à la consommation des drogues ainsi que l’approche du guichet unique dans le fonctionnement du réseau communautaire.

Ces outils ont permis de souligner l’importance d’organiser les interventions selon les besoins des personnes concernées et de faciliter leur orientation vers les services appropriés.

L’approche du guichet unique vise à améliorer la coordination entre les acteurs afin que les personnes en difficulté puissent être orientées plus facilement vers les services dont elles ont besoin.

Dans cette perspective, le réseau communautaire entend favoriser les liens entre les établissements scolaires, les familles, les autorités administratives, les responsables religieux, les forces de l’ordre et les professionnels de la santé.

Cette complémentarité devrait permettre de renforcer la prévention, d’améliorer le suivi des situations préoccupantes et de faciliter l’accès à l’accompagnement psychosocial et aux soins.

Des progrès observés, mais des défis qui persistent

Après la présentation du fonctionnement du réseau, les participants ont été invités à partager les initiatives réalisées dans leurs quartiers depuis les précédentes activités de sensibilisation.

Les échanges ont permis de relever certains progrès, notamment une diminution de l’ivresse dans les zones où des mesures de contrôle de la vente de certaines boissons jugées nocives avaient été appliquées, ainsi qu’une amélioration de la sécurité rapportée par les participants.

Ces constats ont encouragé les membres à poursuivre leurs efforts de sensibilisation et de mobilisation communautaire.

Cependant, les discussions ont également mis en évidence plusieurs difficultés.

Les participants ont notamment déploré la reprise de la vente de certaines boissons préoccupantes, estimant que cette situation risque de compromettre les progrès enregistrés et de fragiliser les efforts de prévention.

Ils ont également relevé que la consommation de ces substances concerne différentes catégories de personnes dans la communauté, y compris, selon certains témoignages, des agents de sécurité et quelques responsables locaux.

Ces préoccupations ont renforcé la conviction des membres qu’une réponse efficace doit reposer sur la responsabilité collective, l’application équitable des règles en vigueur et la collaboration entre les communautés et les autorités compétentes.

Les participants ont ainsi insisté sur la nécessité de maintenir la vigilance, de poursuivre la sensibilisation et de renforcer les mécanismes de prévention, particulièrement auprès des jeunes.

Travailler ensemble pour des actions plus efficaces

L’un des principaux engagements issus de cette réunion concerne le renforcement du travail en réseau.

Les membres ont convenu que les activités organisées par un groupe ou par les représentants d’un quartier devraient pouvoir bénéficier de l’expertise et du soutien des autres membres du réseau.

Ainsi, lorsqu’un quartier souhaite organiser une campagne de sensibilisation ou une autre activité de prévention, il pourra solliciter l’appui d’un ou de plusieurs membres disposant des compétences nécessaires, ainsi que celui de personnes-ressources identifiées en collaboration avec l’ONKIDI.

Cette organisation devrait favoriser le partage des expériences, éviter la dispersion des efforts et permettre une utilisation plus efficace des ressources disponibles.

Elle contribuera également à renforcer la solidarité entre les quartiers et à développer une approche commune face aux défis liés à la consommation des substances psychoactives.

Un plan d’action adopté pour le trimestre suivant

À la suite des échanges, le président du réseau a remercié les membres pour la confiance accordée et les a invités à proposer des activités concrètes pour le trimestre suivant.

Un plan d’action a ainsi été élaboré afin de traduire les engagements du réseau en initiatives de proximité.

Parmi les principales orientations retenues figurent :

1. Organiser des campagnes mobiles de sensibilisation de porte-à-porte

Les membres sont appelés à renforcer les actions de proximité dans les quartiers les plus touchés, afin d’informer les familles, de sensibiliser les jeunes et de favoriser le dialogue autour des risques liés à la consommation des substances psychoactives.

2. Renforcer la collaboration avec les forces de l’ordre

Le réseau entend encourager une coopération plus étroite avec les autorités compétentes pour signaler les situations préoccupantes et contribuer, dans le respect des procédures légales, à la lutte contre les circuits de distribution illicite des substances concernées.

3. Rechercher des partenariats pour soutenir la réinsertion économique des jeunes

Les membres ont souligné l’importance d’engager des démarches auprès des partenaires techniques et financiers afin de mobiliser des ressources en faveur de la formation professionnelle, de l’insertion économique et de l’accompagnement des jeunes en cours de rétablissement.

Ces orientations traduisent la volonté du réseau de combiner prévention, accompagnement psychosocial, accès aux soins et réinsertion socio-professionnelle.

Un réseau communautaire engagé pour la protection de la jeunesse

La première réunion trimestrielle du réseau communautaire contre la consommation des substances psychoactives à Gitega marque une étape importante dans le renforcement de la mobilisation locale.

Elle a permis de faire le point sur les initiatives déjà entreprises, de mettre en évidence les difficultés persistantes et de définir des actions prioritaires pour les mois à venir.

Au-delà de la planification, cette rencontre a renforcé la volonté des membres de travailler dans un esprit de concertation, de complémentarité et de responsabilité partagée.

À travers son projet, l’ONKIDI entend poursuivre son accompagnement des acteurs communautaires et contribuer à la mise en place de mécanismes durables de prévention, de prise en charge et de réinsertion.

Ensemble, mobilisons nos communautés pour protéger les jeunes

La lutte contre la consommation des substances psychoactives ne peut reposer sur un seul acteur. Elle exige la participation des familles, des écoles, des responsables religieux, des autorités administratives, des forces de l’ordre, des professionnels de la santé et des organisations communautaires.

En renforçant la coopération entre ces différents acteurs, ONKIDI et le réseau communautaire de Gitega ambitionnent de contribuer à la protection des jeunes, à l’amélioration de leur bien-être et à la construction de communautés plus saines, solidaires et résilientes.

La mobilisation se poursuit : chaque quartier, chaque famille et chaque acteur communautaire a un rôle à jouer dans la prévention et l’accompagnement des jeunes.

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